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Musique classique et opéra par Classissima

Felix Mendelssohn

samedi 22 juillet 2017


Classiquenews.com - Articles

7 juillet

CHARENTES : Festival de Saintes, 14-22 juillet 2017

Classiquenews.com - Articles VIDEO. Festival de Saintes, 14-22 juillet 2017, Présentation. Chaque été en juillet, l’Abbaye aux Dames à Saintes investit tous les lieux du site patrimonial, offrant aux visiteurs et festivaliers, une expérience unique où la musique et le concert tiennent la première place. VOIR ICI notre présentation vidéo du Festival de Saintes 2017, entretien vidéo avec le directeur artistique, Stephan Maciejewski — Les lieux du festival : l’ensemble patrimonial de l’Abbaye aux dames, la “voile”, point de rencontre du Festival pour artistes, professionnels et festivaliers, la ligne artistique et les temps forts de l’édition 2017 (les Cantates de JS Bach, la musique de chambre, l’anniversaire de Philippe Herreweghe, le Jeune Orchestre de l’Abbaye / JOA…, par Stephan Maciejewski, directeur artistique – Reportage / entretien édité par le studio CLASSIQUENEWS.TV / réalisation : Philippe-Alexandre PHAM — © CLASSIQUENEWS.COM SAINTES 2017. Au cours de lla saison annuelle comme pour l’été, jeunes tempéraments en devenir (actuellement Nevermind et Jean Rondeau), ensembles envoûtants et pour certains partenaires familiers (Vox Luminis, Orchestre des Champs-Elysées et Philippe Herreweghe, …) poursuivent leur travail de défrichement comme d’approfondissement. Le seul exemple de l’orchestre de jeunes instrumentistes sur instruments d’époque, le JOA, Jeune Orchestre de l’Abbaye, illustre cette activité exemplaire qui se soucie de former et perfectionner les jeunes musiciens. En plus de réaliser plusieurs sessions pendant l’année à Saintes, le JOA participe aussi à la programmation du festival estival (Tchaikovski : Suite de Casse Noisette et Symphonie n°2 « Petite Russie », sous la direction de Philippe Herreweghe, le 15 juillet à 16h30, un événement à suivre particulièrement). Musique sacrée, récital de piano et de clavecin, quatuors et musique de chambre, grands bains symphoniques, de Bach à Ligeti… Saintes dévoile 1001 visages de la musique, pendant son festival d’été… 46è Festival estival de Saintes Du 14 au 22 juillet 2017 9 jours, 2 week ends En juillet 2017, la 46è programmation ne contredit pas une équation qui gagne chaque année le coeur des festivaliers : diversité, équilibre, surprises des programmes présentés. Concerts Symphoniques, musique de chambre, concerts sacrés, sans omettre les visites, animations diverses, rencontres à la boutique et sous la voile, renouvelée cette année et installée dans la grande cour de l’Abbaye… le festivaliers a l’embarras du choix ; il dispose d’un éventail d’offres complémentaires (avec jusqu’à 4 concerts par jour, habilement planifiés, rendant possible d’y assister à tous, en ayant le temps de la collation entre chaque : 12h30, 16h30, 19h30 puis 22h). TEMPS FORTS…. Voici nos temps forts et cycles à ne pas manquer cette année à Saintes (sauf indication contraire, les concerts que nous avons sélectionnés se déroulent dans l’église abbatiale)… Première journée d’ouverture, vendredi 14 juillet 2017, dès 11h (cocktail d’ouverture sous la voile) ; ensuite, vous ne manquerez pas le nouvel ensemble baroque A Nocte temporis dirigé par le ténor Reinoud van Mechelen (Clérambault et ses contemporains français, 12h30) ; puis à 19h30, toujours sous la voûte de l’Eglise Abbatiale : Messe pour la paix / Musique pour le Camp du Drap d’or où se répondent et s’unissent les Chapelles royales français et britanniques de François Ier et de Charles Quint en 1520… par Doulce Mémoire et son créateur, Denis Raisin-Dadre. Le 15 juillet est une journée « type » offrant 4 concerts : tous à l’Abbatiale. Vox Luminis et Lionel Meunier à 12h30, dans un programme regroupant les plus beaux Motets de JS Bach et de ses oncles… Nouvel événement symphonique ensuite à 16h30, avec Philippe Herreweghe pilotant la fougue juvénile des instrumentistes du JOA dans un programme très attendu, dédié à Tchaikovsky (Symphonie n°2 et Suite de Casse-Noisette). A 19h30, autre événement : plusieurs Concertos Brandebourgeois de JS Bach (jamais écoutés à Saintes, ou depuis très très longtemps / Les Ambassadeurs sous la direction du flûtiste, Alexis Kossenko). Enfin, Quatuors de Haydn, Mendelssohn, Beethoven par le Quatuor Arod dans l’ambiance feutrée, tardive de l’Abbaye à 22h. Une fin de journée qui s’achève comme un songe dans le vaste corps minéral de l’Abbaye… ______________________________ LIRE aussi notre présentation générale du Festival de Saintes : les concerts sous la voûte de l’Abbaye aux Dames, musique sacrée, cantates, musique de chambre, grands concerts symphoniques (Brahms et Tchaikovksi…), les 70 ans de Philippe Herreweghe, le retour de Vox Luminis, la place des jeunes ensembles de musique baroque…

La lettre du musicien (Comptes rendus)

11 juillet

Deux jeunes pianistes polonais à l'Orangerie de Bagatelle

En partenariat avec l’institut Frédéric-Chopin de Varsovie, Aleksandra Swigut et Kamil Pacholec étaient les invités du 34e festival Chopin à Paris, dans la série “Concerts découverte”.Aleksandra Swigut a la particularité d’avoir étudié, à Katowice, l’interprétation historique sur pianoforte. Formée à l’art de l’improvisation classique, elle est également diplômée en clavecin, ce qui ne surprend pas outre mesure à l’audition de son jeu. Clair, avare de pédale, classique voire austère de facture, son Chopin s’enracine dans le 18e siècle bien plutôt que dans l’époque romantique avec laquelle sa personnalité s’accorde assez peu. Il est dommage qu’une musicienne si intelligente n’ait pas choisi plus judicieusement son programme : le contrepoint, la polyphonie d’autres pièces l’auraient mieux servie que le lyrisme dense de la Deuxième Ballade, offerte à Schumann, à la conduite vocale si distendue qu’elle en perdit le fil dans l’Andantino. Marquées déjà dans le Presto con fuoco et la coda périlleuse, ses limites techniques (puissance, vélocité, empan) éclatèrent davantage encore dans le Quatrième Scherzo, peu nourri, peu profond de chant, dont les traits en croches, giocoso, furent espiègles, étincelants. Grappe de mazurkas (op. 6) pudiques, droites, bien campées, en particulier la mi majeur. Le plus fascinant reste de constater combien la génération actuelle, rompue à toutes sortes de timbres, de langages et d’expériences, semble à l’aise avec des pages et une écriture qui en leur temps rebutèrent ou intimidèrent, y compris les plus grands. Car Aleksandra Swigut ouvrait son programme avec L’Ile des sirènes, tirée des Métopes, certes sans ce rubato, cette sensualité, ce caractère d’improvisation qu’exige Szymanowski, mais avec un naturel confondant. Aucune faute de texte, ensemble dominé de haut, fluide, éthéré, qui lorgne vers Berg et non plus vers Scriabine ou Debussy : perspective impressionnante, saluée comme il faut. Supérieurement doué, son compatriote Kamil Pacholec offre une image toute différente, stature et morphologie obligent. Le premier prix du 47e concours Chopin de Varsovie a des doigts souples, de longues et fortes mains, des bras puissants qu’entrave à peine, dans leurs transferts d’énergie, une tendance à bomber le dos si commune à cet âge. Mais c’est toujours un privilège et une joie que de voir une nature s’exprimer si magistralement au piano. Riches, jaillies de l’oreille et du cœur, les sept Etudes de l’opus 25 (n° 6 à 12) furent virtuoses au meilleur sens du terme, caractérisées individuellement loin de toute ambiance de compétition. Respirations, tempi musicaux, mouvements de tiroir et octaves ébouriffantes (la mineur), do mineur sans peur ni reproche, chevaleresque, porté toujours en avançant. Aboutie, la Première Sonate de Brahms trahit le conquérant qui pense et construit. Allegro à pleines mains (vivant thème en accords, timbré, phrasé, jamais redit à l’identique), subtilité sans manières de l’Andante (lumineux effets du pp molto leggiero), tendresse du pont menant au Scherzo plein de feu, Finale enlevé à la hongroise, en tête brûlée, en force, au mépris de l’accroc. Architecture générale, lignes, sentiments : ce Brahms accuse son Schumann, avoue sa dette envers Schubert, Beethoven, peut-être Mendelssohn. Comme il est émouvant de voir la sûreté de l’instinct et des dons parvenir aux buts que l’introspection, la culture et l’analyse se proposent ! (8 juillet) Festival Chopin à Paris 2017 Lire aussi nos comptes rendus des récitals de : Alessandro Deljavan Anne Queffélec et Clément Lefebvre Marie-Catherine Girod et Sheng Wang




MusicaBohemica

4 juillet

Une soirée de musique tchèque en 1927

Création de la Sonate pour violon de Janáček Sans être extrêmement nombreuses, les relations franco-tchèques, sitôt la création de l’état tchécoslovaque en 1918, parsemèrent les saisons musicales parisiennes de quelques soirées. Ce fut au cours de l’une d’elles, en avril 1926, que l’on entendit pour la première fois sous les doigts de Jane Mortier la deuxième partie de la Sonate I.X.1905 de Janáček. Les ouvrages du compositeur morave n’avaient pas envahi la France. Malgré le succès remporté par Jenůfa en Allemagne - à la suite de sa création à Berlin en 1924, de très nombreux théâtres avaient inscrit cet opéra dans leurs saisons opératiques - ni cet opéra, ni d’autres ouvrages musicaux de Janáček n’avaient franchi beaucoup d’autres frontières (1). En France, les rares auditions entendues à Paris et en province, on les devait essentiellement à des interprètes tchèques (Chorale des instituteurs moraves en 1908, 1919 et 1925, le pianiste Václav Štěpan, la soprano Jana Hanáková, le ténor danois Mischa-Léon). Seule parmi les musiciens français la pianiste Jane Mortier s’était aventurée à jouer un extrait de sa Sonate pour piano qu’elle eut le courage de redonner l’année suivante. Peut-être encouragé par cette exécution, le violoncelliste André Huvelin accompagné par le pianiste Eugène Wagner donna la première exécution française de Pohádka, quelques semaines plus tard, en mai 1926. L’année suivante, une autre opération s’inscrivant dans ce mouvement franco-tchèque nous intéresse au plus haut point. Le 30 mars 1927, la salle Pleyel reçut plusieurs interprètes français et tchèques pour un concert de musique tchécoslovaque. Introduit par une causerie de Jules Chopin, le programme mettait en avant des compositeurs représentatifs des différents courants musicaux qui s’étaient exprimés dans les pays tchèques et qui continuaient à nourrir la vie musicale dans la Tchécoslovaquie indépendante depuis à peine neuf ans. Il n’était pas indifférent que le présentateur se dénomme Jules Chopin. Après avoir enseigné à l’Université de Prague, fort de sa connaissance de la langue tchèque, il traduisit Alois Jirásek, Jan Neruda et quelques autres écrivains et poètes. Rédacteur à la Gazette de Prague, il rejoignait le groupe d’intellectuels qui avait formé les Hautes Etudes Slaves. Sa connaissance de la culture tchèque et morave le désignait dans le rôle d’intermédiaire entre les deux pays sur le plan culturel. Pour cette introduction au concert, il ne visait pas à des phrases de circonstance, mais sa vaste connaissance de l’histoire et de la culture tchèque le qualifiait pour donner des clés d’écoute précieuses aux auditeurs présents. Comment était composé le programme de ce concert ? Les deux grands compositeurs dont les noms  commençaient à devenir peu à peu familiers aux oreilles des mélomanes parisiens, Dvořák et Smetana, étaient présents à travers deux pièces, une sonate pour violon et piano pour le premier et une danse tchèque pour le second. D’autres personnalités musicales composaient un tableau assez représentatif de la vitalité de l’école tchèque. Josef Suk, Vítězslav Novák, Jaroslav Křička, Ladislav Vycpálek, Jan Kunc, Karel Boleslav Jirák et Bohuslav Martinů complétaient l’échantillon des musiciens tchèques vivants. Au milieu de cet aréopage se glissait un dernier,  leur aîné à tous, Leoš Janáček. Son nom n’avait pas franchi souvent les portes d’une salle de concert hexagonale, comme indiqué plus haut. Quelle œuvre du compositeur morave choisit-on ? Sa Sonate pour violon et piano dont ce fut la première exécution française. Pourquoi cet ouvrage ? Nous savons que les rencontres entre les compositeurs français et Janáček étaient peu nombreuses, voire inexistantes. Nous savons également que peu d’interprètes avaient fait le voyage de Prague et encore moins celui de Brno. Cependant, pour tous ceux qui souhaitaient connaître les représentants musicaux des différents pays qui venaient de naître après la fin de la guerre 1914 - 1918, les festivals annuels de la Société internationale de musique contemporaine présentaient une belle opportunité. Même si l’on ne pouvait pas y être présent, la presse musicale rendait compte de ces événements musicaux et répandait ainsi les tendances esthétiques qui s’y exprimaient. Elle énumérait également les noms des compositeurs de différents pays qui incarnaient ces courants. Après Salzbourg en 1923, Prague en 1924, Venise en 1925, Zurich en 1926, on pouvait dresser un tableau assez représentatif des tendances qui agitaient le monde musical occidental. A deux reprises, un septuagénaire - Janáček -  avait été désigné par la Tchécoslovaquie, pour incarner le courant moderniste de son pays. Par deux fois, à Salzbourg et à Venise. Dans la cité de Mozart, ce fut la découverte de sa Sonate pour violon et piano et dans la cité des Doges, ce fut son premier quatuor à cordes, La Sonate à Kreutzer. Avant d’examiner un peu plus en détail le contenu de cette soirée, penchons nous sur ses interprètes. Au nombre de cinq, aucun ne put prétendre à devenir une tête d’affiche. Quand on consulte actuellement un dictionnaire des interprètes (2), on ne détecte pas leur nom. Pas un n’est passé à la postérité. Doit-on en conclure qu’ils faisaient partie des musiciens de seconde zone ? Et doit-on en déduire que c’étaient de piètres  interprètes ? Sûrement pas. On peut ne pas être considéré comme des vedettes des estrades sans pour autant tomber dans la médiocrité. Deux interprètes tchèques, deux danseurs, participaient à cette soirée. Václav Veltchek, qui s’illustrera l’année suivante dans les danses de La Fiancée vendue de Smetana lors de sa création française, et Lydia Wisiaková dansèrent sur des musiques de Suk, Jirak et Smetana dans la dernière partie de la soirée. Auparavant, la soprano Blanche Dufour accompagnée par la pianiste Yvonne Gauran chanta plusieurs mélodies de compositeurs tchèques ainsi que des chants populaires dans les parties 2 et 4 du concert. Yvonne Gauran assura la partie consacrée à des pièces pour piano seul. Enfin associée au violoniste Pierre Le Petit (ou Lepetit), elle joua deux sonates pour violon et piano, dont celle de Janáček. Blanche Dufour, depuis le début des années 1920 était connue des mélomanes qui écoutaient régulièrement la musique transmise par les stations de radio à la qualité sonore encore balbutiante. Elle passa de la station Tour Eiffel à Radio-Paris chantant aussi bien des airs anciens de Lulli, Carissimi, Bach, Purcell, Mozart que des mélodies de compositeurs depuis peu disparus ou encore bien vivants, Franck, Chausson, Ravel, Caplet, Debussy, Déodat de Séverac, Georges Auric par exemple. Mais elle se dévoua à la cause de plusieurs musiciens, ses contemporains, dont les noms sont maintenant ou ignorés du plus grand nombre ou tombés dans l’oubli, Guillon-Verne (3), Maurice Imbert, Xavier Leroux, Lucien Haudebert, Duvernay, Marcel Labey, Antoine Mariotte, Henry Petit. Bien qu’elle se soit déjà produite dans quelques concerts publics du temps de ses interventions dans les radios parisiennes, à partir de 1927, elle apparut un peu plus souvent dans des salles de concert, celle de l’Hôtel Majestic, la salle Pleyel, à l’Ancien Conservatoire, à l’Ecole Normale de musique et à quelques concerts des Fêtes du peuple que Albert Doyen organisait régulièrement. Blanche Dufour ne se limita pas aux compositeurs français de son temps, mais jeta un regard vers la Russie avec Moussorgski, Borodine et Rachmaninov. Elle n’en oublia pas pour autant les maîtres du lied qui se nommaient Schubert, Schumann et Brahms. Au début de l’année 1927, elle chanta à deux reprises les Chants bibliques de Dvořák à Radio-Paris quelques semaines avant cette soirée de musique tchèque du 30 mars où elle entonna trois chants puisés dans ce recueil. Remarquons enfin la tournée en Europe centrale qu’elle effectua en 1929 avec la pianiste Marcelle Heuclin pour promouvoir la musique française. Nul doute qu’au cours de ce circuit, la soprano française rencontra quelques musiciens et compositeurs des pays traversés et que des échanges, peut-être fructueux, se créèrent. Yvonne Gauran, pianiste, avait déjà accompagné la soprano Blanche Dufour, lors d’un de ses concerts radiodiffusé à la station Tour Eiffel dans des mélodies françaises et une deuxième fois à Radio-Paris en juillet 1926. De même, le violoniste Pierre Lepetit s’était lui aussi déjà trouvé en compagnie de la cantatrice pour un  concert donné aux Tuileries. Puisque lui échut la tâche de créer l’unique Sonate pour violon de Janáček, essayons de cerner la personnalité de cet instrumentiste. Pierre Lepetit, pour autant que j’ai pu retrouver sa trace, n’eut pas une activité de soliste débordante. On découvre bien son nom à l’affiche de quelques concerts donnés dans des salles parisiennes telles que celle des Agriculteurs, et la salle Erard, ou encore de l’Ancien conservatoire de 1924 à 1936. Après cette dernière date, je n’ai plus découvert de compte-rendus de ses récitals. Il est vrai que pendant cette courte période d’activité, il n’a jamais paru seul sur scène, ce qui est courant pour un violoniste, il partagea la scène avec un pianiste, tantôt Jacques Février, Gustave Cloez, Germaine Leroux, Boris Goldschmann et Joaquin Nin et quelques autres, sans compter Yvonne Gauran, partenaire privilégiée pour cette séance de musique tchèque. Son répertoire se nourrissait de pièces brillantes dues à Kreisler, Tartini, Pugnani mais aussi de sonates de César Franck, Brahms, Ravel, Fauré, le Concert de Chausson et des concertos de Mozart, Max Bruch, Mendelssohn. Il mit son archet au service d’œuvres plus modernes, celles de Szymanowski, Falla, Milhaud, par exemple. Pour évaluer le talent de Pierre Lepetit, rien de mieux que de prendre connaissance des appréciations de la presse de l’époque. «[Il] excelle à rendre le Concerto de Mendelssohn dans un classicisme pur et avec des traits précis (4)». De son côté, Henri de Curzon parlait de «son beau talent […] avec un son plein et ferme, un archet expressif (5)». tandis que Jean Messager déclarait «nous avons une fois de plus apprécié le jeu musical et intelligent du violoniste Pierre Lepetit (6)» alors qu’un chroniqueur anonyme indiquait que le violoniste «affirma ses qualités violonistiques que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier dans ses précédents concerts. Sa technique est des plus brillantes et lui permet d’affronter toutes les difficultés de son instrument avec une maîtrise absolue (7)». Jean-André Messager s’exprima un peu plus tard de cette façon «nous avons entendu ce jeune artiste chez qui la compréhension musicale ne le cède en rien à la virtuosité technique. C’est dans  l’esprit le plus juste qu’il a interprété entre autres le Concert de Chausson (8)». Inutile de multiplier les témoignages, ils s’avèrent suffisamment convaincants pour nous persuader de la classe de ce violoniste. Si Pierre Lepetit disparut presque complètement des salles de concert en tant que soliste, la cause est à chercher dans une double direction. Tout d’abord à partir de 1934, il rejoignit le Quatuor Willaume en devenant son second violon. D’autre part, il fut engagé dans l’orchestre de l’Opéra de Paris où il tint le poste de premier violon parallèlement à son engagement dans l’orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire. Ces derniers postes témoignent bien des qualités musicales de son détenteur. Enfin, autre illustration des activités du violoniste, il enseigna l’étude de son instrument à Vernon, dans l’Eure, où une école municipale venait d’être créée par Marcel Labey. Invité à Limoges par la société locale des concerts du conservatoire, il s’y rendit au moins durant deux saisons à partir de 1934. Lorsqu’il fut mobilisé en 1939, il continua d’exercer son art, y compris en prenant la tête d’un orchestre militaire. Retour en 1927 et à cette soirée de musique tchèque le 31 mars. Les jeunes instrumentistes - le violoniste avait terminé ses études par un premier prix du conservatoire trois ans auparavant - s’emparèrent de l’œuvre de Janáček, une Sonate pour violon un peu particulière dans sa gestation. En 1915 le compositeur terminait une Sonate pour violon en 4 mouvements (con moto ; adagio ; ballada ; con moto) dont la composition lui avait été inspirée par les premières journées de la guerre de 1914. Elle resta pendant plusieurs mois à l’état de manuscrit sans qu’aucun interprète ne se manifestât pour la jouer. Janáček laissa son œuvre telle quelle pendant plusieurs années puis la remania en modifiant la place de chacun de ses mouvements, sauf le premier  tandis que le con moto primitivement placé en dernière place de la sonate était remplacé par un allegro. Celui-ci vit son rythme changé passant d’allegro à allegretto (con moto ; ballada, con moto ; allegretto ; adagio). En 1922, la sonate remodelée connaissait sa première édition grâce à Hudební matice Umělecké besedy en même temps qu’on l’entendit pour la première fois à Brno. A Salzbourg en 1923, au cours du festival de la Société Internationale de Musique Contemporaine, le violoniste Stanislav Novák la joua accompagné par le pianiste Václav Štěpán, la révélant à un public venu des quatre coins de l’Europe. Trois ans plus tard, elle connaissait sa première audition en Grande Bretagne, à Londres, lors du séjour qu’y effectua Janáček, et en Allemagne, à Berlin. Pour une fois, la France ne se laissait pas trop dépasser par d’autres pays dans son appropriation d’un récent ouvrage du maître de Brno puisqu’elle imita les pays voisins un an plus tard. Malheureusement, contrairement à d’autres prestations de Pierre Lepetit qui valurent à son auteur des lignes chaleureuses de la part de chroniqueurs de journaux généralistes et musicaux, rien ne parut dans la presse à propos de la création française de cette Sonate pour violon. Impossible donc de savoir comment le public la reçut ; avec indifférence, avec enthousiasme, avec stupeur, avec répulsion ? Une certaine Henriette Duparquet (9) dut participer à ce concert sans que je puisse déterminer quel rôle elle exerça. Annonce de La Semaine à Paris du 25 mars 1927Pour en terminer avec cette soirée, voici donc le programme détaillé du concert du 31 mars 1927 qui révéla au public présent la Sonate pour violon de Janáček. Causerie par M. Jules Chopin. I. Sonate (10) (Dvořák) : Pierre Lepetit et Yvonne Gauran. - II. Les nuages sont sa couronne, Babylone, O Seigneur (Chants bibliques de Dvořák) ; Le soir de novembre (Kunc) : Blanche Dufour. - III. L’été (Suk) ; Nuits d’hiver (Novák) : Yvonne Gauran. - IV. Chants populaires harmonisés par Křička) ; Le petit veau, 1re audition (Martinů) ; Les souris (Vycpálek) : Blanche Dufour. - V. Sonate (Janáček) : Pierre Lepetit, Yvonne Gauran. - VI. Le zéphir (Suk) : Lydia Wisiaková ; Marche (Jirák) : Václav Veltchek ; Danse tchèque (Smetana) : Lydia Wisiaková, Václav Veltchek. Cependant, cette première exécution française ouvrit la porte des concerts hexagonaux à cette sonate. En 1930, Marcel Stern l’interpréta à la Sorbonne avec le pianiste néerlandais Julius Hijman. En 1933, Louis Perlemuter accompagné par Marie-Thérèse Blahovcová ne joua que Ballada, la deuxième pièce de cette sonate, au Foyer étudiants, boulevard Saint Michel lors d’une soirée privée organisée par le Cercle des jeunesses françaises et tchécoslovaques (11). Quelques semaines plus tard, un autre musicien néerlandais, le violoniste Dick Waleson (12) la fit entendre à deux reprises à un mois d’intervalle avec une partenaire au piano, Alide Mengarduque-Doorman. L’année suivante, un couple de musiciens, Odile et Georges Vannier, la donna à Alger, tandis qu’en février 1935, l’association Le Triton l’inscrivit à un de ses concerts et la confia au violoniste Robert Soetens et à Germaine Leroux (13). On aurait pu penser que cette sonate allait continuer à être jouée régulièrement. Il n’en fut rien. Elle disparut des salles françaises pendant presque trente ans. Quand et comment revint-elle hanter les scènes tricolores, ceci une autre histoire qui ressembla à la difficile diffusion de l’ensemble de la musique de Janáček en France. Joseph Colomb - juin 2017 Notes : 1. En dehors de l’Allemagne et de son pays d’origine, on ne monta Jenůfa qu’en Yougoslavie et aux Etats-Unis. 2. Par exemple, celui qu’Alain Pâris a constitué (Dictionnaire des interprètes, Robert Laffont ; en 2015 a paru une nouvelle édition enrichie d’ entrées actualisées sous le titre Le Nouveau dictionnaire des interprètes). Parmi les interprètes qui ont évolué dans les années 1920 et 1930, on trouve Jane Bathori, Claire Croiza, Charles Panzéra, Alfred Cortot, Marguerite Long, Marcelle Meyer, Yves Nat, Blanche Selva, par exemple, à qui le Dictionnaire des interprètes a consacré une notice. La plupart d’entre eux ont laissé des témoignages de leur art sur des disques, repris plusieurs fois par différents éditeurs. Blanche Dufour, Yvonne Gauran et Pierre Lepetit n’ont pas bénéficié de cette opportunité. 3. Claude Guillon-Verne (1879 - 1956) compositeur nantais (sa mère était la sœur de Jules Verne). 4. Le Figaro du 2 février 1927 sous la signature de Stan Golestan. 5. Le Ménestrel du 1er juin 1928. 6. Comoedia du 4 février 1929. Le chroniqueur Jean Messager est le fils du chef d’orchestre et compositeur André Messager qui après la disparition de son père modifia son propre nom en Jean André-Messager. 7. Lyrica, mai 1929. 8. Le Journal du 4 février 1933. 9. Seul, Le Temps nomme Henriette Dupaquet sur l’annonce du concert. 10. Impossible d’indiquer de quelle sonate il s’agit (en la mineur, en fa majeur, en sol majeur ?).11.Nouvelle illustration des relations culturelles entre les deux pays. 12. Dick Waleson fonda un quatuor à cordes aux Pays-Bas. 13. Quelques semaines plus tard, Germaine Leroux joua cette Sonate pour violon à Prague avec le violoniste Stanislav Novák qui connaissait cette œuvre depuis 1923.



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1 juillet

CHÂTELOY. TRIO ZADIG, le 16 juillet 2017, 17h. Schubert, Beethoven

CHÂTELOY. TRIO ZADIG, le 16 juillet 2017, 17h. Schubert, Beethoven. Plats et vallons, voix et instruments… le Festival MUSIQUE EN BOURBONNAIS (51ème édition) inaugure son nouveau cycle de concerts estivaux, en l’église de Châteloy, ce 16 juillet 2017, à 17h avec un programme intensément chambriste défendu par les jeunes et récents instrumentistes du Trio Zadig. Passionnés, mais fins et articulés, les trois complices jouent Schubert et Beethoven dans un écrin patrimonial parmi les plus beaux du Bourbonnais. C’est d’ailleurs autour du chantier de restauration de l’église de Châteloy qu’est né le principe du festival de concerts de musique classique… Chambrisme ardent du Trio Zadig C’est l’une des jeunes formations les plus engagées sur la scène musicale, douée d’un tempérament collectif et d’une exceptionnelle écoute intérieure, les Zadig ont surtout émergé en 2015, remportant une série de Concours internationaux (Académie Maurice Ravel, Pro Musicis, Gaetano Zinetti,…). Il est né de la rencontre de deux amis d’enfance (Boris, violon et Marc, violoncelle) et d’un pianiste américain (Ian Barber) ; au total, ce sont 9 Prix remportés dans 6 Concours Internationaux en France, en Italie, en Autriche et aux Etats-Unis : ainsi s’est affirmé une sonorité, une entente, une complicité artistique. Le Trio allie sensibilité et intensité de jeu au sein d’un répertoire allant de Haydn et Mozart, aux romantiques germaniques (Beethoven, Schubert, Mendelssohn, Schumann), aux Français modernes (Ravel), à la musique contemporaine (Hersant, Vasks, Attahir.)… Le Trio Zadig est actuellement en résidence à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth dans la classe du Quatuor Artemis et vient d’être nommé lauréat de la Fondation Banque Populaire. Dimanche 16 juillet 2017 Eglise de Châteloy, 17h TRIO ZADIG – Boris BORGOLOTTO , violon Marc GIRARD-GARCIA , violoncelle Ian BARBER , piano Trios de Schubert, Beethoven RESERVEZ votre place sur le site Musique en Bourbonnais https://www.festival-musique-bourbonnais.com/programme/ SITE du Trio Zadig : http://triozadig.com/fr/accueil LIRE aussi notre présentation générale du Festival MUSIQUE EN BOURBONNAIS 2017

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